La ferme africaine, karen Blixen

Publié le par Philo

 

 

Karen Dinesen est née au Danemark en 1885 dans une famille aristocratique. Après des études d' arts , elle séjourne à Paris puis à Rome. En 1914, elle épouse le Baron Bror Blixen. Ce dernier venant d' acquérir une ferme en Afrique, le jeune couple part s'installer au Kénya. Durant 27 ans, la Baronne Blixen tiendra les rênes de ces terres. « La ferme africaine » est un récit autobiographique de cette période de sa vie.


« J' ai possédé une ferme en Afrique, au pieds du Ngong ».
Situées à une vingtaine de kilomètres de Nairobi, à une altitude de 2000 mètres, ces terres se trouvaient sur la pente douce de cette chaine de montagnes, le versant opposé à la vallée du Rift. A l'ouest de la ferme se détachaient les 4 grands sommets du Ngong avec à leurs pieds le territoire Masaï ; au sud le Kilimandjaro et au nord, la réserve Kikuyu qui s'étend jusqu' au Mont Kénya.
Devant la défection de son mari, Karen Blixen prend à bras le corps sa ferme : une plantation de café et quelques arpents de pâturage pour des vaches. La situation économique de la ferme est précaire, la culture du café est exigente et le climat, à cette altitude ne s' y prête pas trop. La baronne retrousse ses manches et, avec l'aide de ses serviteurs et de ses squatters (ouvriers agricoles) elle mettra tout en oeuvre pour sauver son exploitation.. Ces heures difficiles ont permis à Karen Blixen de tisser avec les indigènes des liens particuliers et profonds.
C' est ce combat fait de sueur et d'ingénuosité, les relations entre les différentes populations indigènes, ainsi que quelques portraits de personnages hauts en couleurs, qu' évoque Karen Blixen dans la première partie de ce récit.
La seconde partie est un patchwork de souvenirs. Tristes ou gais, graves ou anodins, une succession d' instants de vie. En 1931, après deux ans de sécheresse et une invasion de sauterelles, Karen Blixen au bord de la ruine doit vendre sa ferme et quitter cette terre avec laquelle elle vit en parfaite communion et où elle compte finir ses jours. Durant ces mois douloureux, plusieurs personnes chers à l'auteur disparaissent. Cette triste période conclut le récit.



Ce livre est empreint de beaucoup de poésie dans la description de ces lieux sauvages et dans celle des peronnes qui les émaillent, d'un profond amour des gens, de l'Afrique et de la vie. La dernière partie est entachée d' une grande mélancolie. Ce n'est pas seulement la fin d'une partie de la vie de la Baronne Blixen. Entre les lignes on devine aussi la fin d'un monde. L'Afrique est en train de se transformer, elle ne sera plus jamais la même. En refermant ce livre on garde l'impression amère que d'un point de vue émotionnel, Karen Blixen est morte en quittant le Kénya. Elle a vécu encore trente ans après cela, mais il y a fort à parier que elle non plus n'a plus jamais été la même.

Un Hymne à l'Afrique et une extraordinaire chronique d'une époque révolue par la quantité d'informations que nous révèlent ces souvenirs. Un texte fort que l'on ne dévore pas, mais que l'on déguste.

En savoir plus sur l'auteur, ici.



Fiche :
Traduction : Yvonne Manceron
Publié en 1937
Editions Folio (2005)
ISBN : 2-07-037037-2
Un décor magnifique et magique.

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philo 28/04/2008 23:21

Je suis assez d'accord avec toi sur le côté féodal. Msabu est le "seigneur" qui règne sur ses terres, rend la justice... c'est presque le Moyen¨-Âge. Mais K.Blixen était d'origine aristocratique, ce qui fait penser que cette façon d' être avait fait partie intégrante de son éducation. Et puis pour l' Afrique, c'était une autre époque. Si d'ailleurs, on suit son raisonnement, aujourd'hui, ils n'en sont qu' à la Révolution, alors !... Je comprend,son attitude mais je ne cautionne pas du tout. Un peu trop anachronique...

sybilline 28/04/2008 15:10

Comme toi, j'ai été émerveillée par les descriptions tant des paysages que des populations environnantes. Ce qui, par contre, m'a un peu déplu c'est un léger snobisme et une attitude assez féodale chez l'auteur