Mille soleils splendides, Khaled Hosseïni

Publié le par Philo

Hérat, début des années soixante-dix. Mariam vit seule avec sa mère épileptique dans une Kolba (sorte de hutte) à l'écart de la ville. Son seul regard sur le monde extérieur est celui du Mollah Faizullah qui lui donne des cours de prières et se prend d'amitié pour cette enfant solitaire et celui de son père, notable de la ville qui lui rend visite une fois par semaine et auquel elle voue une admiration sans borne. A cinq ans, elle apprend qu'elle est une harami, une bâtarde enfant non désirée et dont l'existence est honteuse. C'est dans cet environnement émotionnel que Mariam grandit. A quinze ans, elle se voit marier à un veuf de Kaboul de trente ans son aîné qui est un homme brutal.
Kaboul 1978. Laila nait le jour du coup d'état installant les communistes au pouvoir. Devant la défection de sa mère qui vit uniquement dans le souvenir de ses deux fils partis pour rejoindre les moudjahidines, la fillette apprend à se débrouiller seule. Elle est très proche de son père, ancien enseignant passionné de lecture et de son voisin Tarik auquel la lie une très grande complicité.
A quinze ans sa vie bascule et son destin, par un des hasards de l'existence va se retrouvé lié à celui de Marian. L'animosité marquant le début des relations entre les deux femmes va vite se transformer en un sentiment quasi filial. Elles vont unir leur courage pour fuir la violence de leurs vie et celle de leur pays.


Après la lecture de Les cerfs-volants de Kaboul, que j'avais énormèment appréciée, je craignais d'être déçu par ce deuxième roman de l'auteur. Et bien, non ! Définitivement non !
Khaled Hosseïni peint ici deux très beaux portraits de femmes dans un Kaboul dévasté par les conflits ayant fait rage sur l'Afghanistan ces vingt dernières années. Des femmes ordinaires, marquées par des évènements terribles que par son récit, l'auteur grandit au point de leur donner une dimension quasi héroïque.
Ce livre a aussi une portée historique. Il fait une grande place au déroulement des évènements ayant secoués l'Afghanistan depuis les années 80. Ils sont à la fois la toile de fond et le fil conducteur de l'histoire, à l'origine de toutes les césures qui la rythment. L'intérêt est aussi dans l'éclairage donné à ces évènements. On les voit avec les yeux et le coeur des afghans.
Le style est fluide, sans lourdeur, et emplit de pudeur. La violence des vies de Mariam et Laila, celle de la guerre et les souffrances qu'elles engendrent sont décrites sans crudité ni emphase. Les mots sont choisis avec justesse augmentant ainsi la puissance émotionnelle du récit.
Un autre regard sur le monde et l'esprit afghan, un livre très fort en émotion. Un très grand moment de lecture.

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Fiche :
Traduction : Valèrie Bourgeois
Publié en 2007
Editions Belfond
ISBN : 978-2-7144-4327-4

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philo 15/05/2008 13:40

Eh oui ! c'est un livre que je recommande chaleuresement, mais vous l'avez dèjà compris.

Marc,si je ne me trompe,ton challenge est quand même bien avancé, un peu près des deux tiers. Alors vive les dispersions et au diable les "contraintes" ! Pense à moi, pauvre inconsciente qui vient juste de le commencer !
Bonne journée.

marcF 15/05/2008 08:49

J'ai les 2 dans ma PAL, les cerfs-volants et celui-la. Je ne me suis pas encore decide a les lire, mais tu me donnes envie.

J'aimerais bien etre debarasse de mon challenge ABC, mais je me disperse souvent :-(

Amities,

Marc

Argantel 14/05/2008 16:21

Tu confirmes ce que j'ai entendu sur ce livre ! Ca promet un beau moment de lecture :-)