Les hirondelles de Kaboul, Yasmina Khadra

Publié le par Philo

Dans un Kaboul ravagé par 20 ans de guerre, la destinée de deux hommes et de deux femmes qui cherchent désespéremment à retrouver leur dignité d'Homme.
Atiq, le geôlier qui a voué toute sa vie à la guerre et dont le coeur s'est muré dans un carcan de pierre. Sa femme Mussarat, atteinte d'une maladie incurable. Elle aime passionnément son mari même si celui-ci ne l'a épousé que par gratitude, pour lui avoir sauvé la vie.
Mohsen, notable déchu par l'arrivée au pouvoir des talibans et sa femme Zumaïra, avocate, a qui l'on a interdit d'exercer.
Et puis il y a ctte ville, autrefois magnifique, prospère et vivante. Aujourd'hui elle ne reflète que misère et terreur. Hantée par les fantômes de ceux qui sont morts au combats ou exécutés sauvagement, par les fantômes de ces femmes emprisonnés sous des tchadris grillagés qui véhiculent leurs ombres dans les rues de la ville. Elle transporte son atmosphère jusque dans le coeur de ses habitants et de leur foyer. A moins que ce ne soit le contraire...
Au milieu de cette horreur, les deux couples essaient de retrouver un semblant d'humanité. Il leur reste l'Amour. Mais sa grandeur, semble ici bien dérisoire. Il n' y aura pas de miracles, juste de vains sacrifices. Une fin tragique.


Un grand roman. Le réalisme qui transparaît dans cet instantané de la société afghane fait froid dans le dos... Il y a aussi une grande lucidité dans la description des mécanismes régissant cette société musulmane. Ici, ce ne sont que quelques jours de la vie de quatre personnes dont les destins vont tragiquement se mêler, mais ces « quelques jours » laissent une trace indélébile, bouleversent et interrogent.
La lecture de L'attentat m'avait chamboulée. Je réitère. Yasmina Khadra, est vraiment un auteur à découvrir, auusi dur à lire soit-il, émotionnellement parlant. Un style épuré où les quelques passages imagés ne sont là que pour souligner le réalisme et l'horreur des situations décrites.
Du grand art.

En savoir plus sur l'auteur, ici.


Fiche :
Publication 2002
Editions Julliard (2002)
ISBN : 2-260-01596-4

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philo 15/08/2008 12:49

@ Marc : Franchement je te le recommande, un jour à l'occasion.

marcF 12/08/2008 09:47

J'ai entendu parler de ce livre et ton commentaire me donne envie de le lire, mais j'ai deja 2 autres livres sur l'afghanistan (dont Mille soleils splendides) dans ma PAL...

Amities,

Marc

philo 04/08/2008 13:42

@sybilline : Je ne saurai que te conseiller d'aller au bout.
@Fantasio : Les lieux et la société dans laquelle les personnage évoluent sont semblables. La comparaison avec "Les cerfs-volants de Kaboul" pour moi, s'arrête ici, car le fonds de l'histoire,la façon dont le sujet est traité et le style sont très différents.
Tout à fait d'accord avec toi, l'actualité se suffit à elle-même. Et à trop en entendre parler...
Mais en ce moment je suis plutôt dans une période "romans noirs". Encore quelques uns, après je passe à autre chose. Promis !

sybilline 03/08/2008 11:25

Que c'est dur! J'ai lu une cinquantaine de pages, et je dois faire une pause: ce roman présente un monde tellement violent et déshumanisé, son ambiance est tellement étouffante qu'il m'a fallu arrêter, malgré la brièveté de ce livre.
Quitte à le reprendre plus tard, ton billet m'y incite..

Fantasio 03/08/2008 07:28

Un récit à la "Cerfs volants de Kaboul" Non ?
Je ne sais pas... à force d'entendre parler de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Palestine etc., j'ai développé une sorte de répulsion (le mot est un peu fort) envers les romans se déroulant dan ces pays...
Nous sommes en permanence plongés, par médias interposés, dans l'horreur des guerres contemporaines. Alors, je lis beaucoup sur ces sujets (journaux, documentaires...)mais quand il s'agit de fictions, je préfère m'éloigner de ce genre de réalisme. Une manière de me protéger sans doute...
Ceci étant dit j'ai lu justement "Les Cerfs-volants de Kaboul" que j'ai apprécié. Alors pourquoi pas celui-ci... un jour.
;)