Le rocher de Tanios, Amin Maalouf

Publié le par Philo

Le rocher de Tanios est une légende. A la fin du 19ème siècle, Tanios jeune homme druze, c'est assis sur ce rocher et a disparu. Personne ne l'a jamais revu, ni su ce qu'il était devenu. Ce rocher est dès lors devenu maudit.
Le narrateur s'attache ici à retracer l'histoire de Tanios, héros involontaire de cette légende;
Nous sommes sur le plateau Haourán situé dns le sud de la Syrie dans le plateau volcanique du Druze. A la fin du 19ème siècle les habitants de cette région de religion catholique, vivent encore sous un régime féodal. Le Cheïk Francis est le seigneur du village de Kfariada et des terres qui l'entourent. Il est aimé et respecté par son peuple qui voit en lui un homme juste et passe volontiers sur ces caprices de seigneur.
A cette époque l'émir égyptien veut créer un empire qui s'étendrait de la mer Rouge à la mer Noire. Le plateau des Druzes est géographiquement un endroit clef et c'est dans ces montagnes que les anglais ont décidé de faire échec aux plans de l' émir.
Tanios est né dans le village de Kfariada. Il est le fils de Lamia , l'épouse du régisseur du château, dont la beauté est telle que l'on en parle encore aujourd'hui. Tanios est un enfant ordinaire, qui aime la compagnies des autres enfants, ainsi que celle du muletier du village, philosophe et poète à ses heures et grand amoureux de la Révolution Française. La seule chose qui le distingue des autres enfants est sa soif de connaissance et son désir de quitter sa condition de sujet du Cheïk. Le drame de la vie du jeune Tanios est le mystère de sa naissance. L''identité de son père reste inconnue. Est-ce Gérios, le régisseur du château, ou bien le Cheïk qui aimait à s'accorder les faveurs des femmes de ses sujets ? Cette énigme va forger le destin du jeune homme, un destin étonnant pour un homme issu de sa condition. Mais aussi un destin dramatique puisqu'il semble que dès le jour de sa naissance, l'enfant n'a apporté que le malheur sur son village et sur les siens.


En tournant la dernière page de ce livre, j'avoue que mon impression est partagée. Je reste sur ma faim. Cette lecture m'avait été chaudement recommandée par une amie qui partage mes goûts littéraires. Et puis, la quatrième de couverture était plutôt alléchante, énigmatique. Mais si le style est fluide et agréable à lire voire par instant poétique, l'intrigue est loin d'être aussi percutante que ce qui semblait m'être promis et les personnages beaucoup moins riches que ce à quoi je m'attendais. Tout tourne autour du Destin, son existence et son caractère irrémédiable.
Peut-être n'ai-je tout simplement pas su correctement le lire, mais j'ai été déçue.
Ce roman a reçu le prix Goncourt
.

En savoir plus sur l'auteur, ici.



« Lorsqu'un cataclysme se produit, moi je pense bien sûr aux gens et à leurs souffrances mais je tremble tout autant pour les vestiges du temps passé (...) Ces pierres façonnées, ces feuilles sur lesquelles a peiné l'auteur ou le copiste, ces toiles peintes, ces mosaïques, ce sont aussi des fragments d'humanité, c'est justement cette part de nous que nous espérons immmortelle. Quel peintre voudrait survivre à ces oeuvres ? »

Fiche :
Publication : 1993
Editons Le livre de poche (1996)
ISBN  : 2-253-13891-6





Commenter cet article

philo 09/09/2008 09:23

@ Fantasio : Je te remercie de tes conseils, Je note et te donnerai mon avis.
@ Sybilline : L'écriture d'Amin Maalouf est très belle, pleine de poésie et l'imaginaire qu'il développe ici, est très fortement issu de ses racines "pluri-religieuses" et du conflit libanais. C'est vraiment un auteur à découvrir.

sybilline 06/09/2008 23:07

Ton résumé donne envie de lire ce roman d'un auteur que je n'ai encore jamais lu, mais ton commentaire, que je sais fiable, me fait reculer.
"Quel peintre voudrait survivre à ces oeuvres ?" cite-tu, et je me demande alors : Si le peintre se savait immortel, peindrait-il encore?

Fantasio 06/09/2008 09:32

Il y a longtemps que je n'ai pas lu un livre d'Amin Maalouf.
Je me souviens néanmoins que "Le rocher de Tanios" m'avait beaucoup plu.
De cet écrivain, je ne saurais trop conseiller de lire "Le premier siècle après Béatrice" mais surtout "Les jardins de lumière", livre étonnant consacré à Mani dont la philosophie a donné le mot si mal considéré : manichéen.
Il faut assi lire, à mon avis, Samarcande...
Bref, j'aime beaucoup cet auteur.