A l'irlandaise, Joseph O'Connor

Publié le par Philo


Billy Sweeney est un homme ordinaire. Un représentant père de famille. Il n'a connu qu'un seul amour, sa femme, qui l'a quittée à cause de sa dépendance à l'alcool. Sa vie s'écoule tranquillement, entre son travail et son meilleur ami jusqu'au jour où elle bascule. Sa fille cadette se retrouve plongée dans le coma suite à une agression.
Il se met à lui écrire un journal ou il alterne le passé et le présent ,racontant sa vie et justifiant ses choix.
Lorsque l'un des agresseurs de sa fille s'échappe, lors du procès, Billy perd pied. Il le traque, le trouve et le suis jour et nuit préparant sa vengeance.
Une première partie qui décortique les affres de Billy et son évolution. Une description saupoudrée d'humour, un humour qui rend une certaine légèreté à l'atmosphère pesante qui s'installe peu à peu.

Lorsque Billy se retrouve face à face avec l'agresseur de sa fille, sa fureur explose dans une gerbe de violence. Une seconde partie glauque et extrêmement forte.

Puis, par un revirement de situation, la victime va se retrouver bourreau. Va alors se nouer une relation étrange entre les deux hommes. Rencontre entre deux écorchés vifs. L'homme d'âge mûr blessé par la vie et le jeune homme qui n'a rien connu d'autre que la violence.
Un chassé-croisé où les deux hommes se croisent sans vraiment se rencontrer mais qui leur permet de tisser un lien auquel ils vont se raccrocher pour reprendre le fil de leur vie.

Un roman âpre, qui laisse un goût amer. Un livre sur la vie et le pardon. James O'Connor réussit à créer un atmosphère sombre, pessimiste qui atteint son apogée dans une extrême violence avant de retomber tout en restant latente et qui nous tient jusqu'à la dernière ligne.
L'écriture est étonnante, percutante.
À découvrir.

En savoir plus sur l'auteur,ici.



"Je me rappelle les couleurs de cette époque comme un mélange noir-orangé de ténèbres et d'éclairage public."

"Toute existence connait ses périodes de bouleversement radical et essentiel, qui ne sont pas aussi évidentes que ça quand on les subit. En y repensant aujourd'hui, je crois que je suis devenu quelqu'un de différent, pendant ces mois-là, quelqu'un qui parlait interminablement de l'importance des bons moments et de l'amusement, et qui riait sans arrêt. La gaité n'est que le masque que revêt le malheur les bons jours, ceux où on n'a pas envie de hurler de souffrance."




Fiche :
Titre original : The salesman
Traduction : Isabelle D. Philippe
Publication : 1998
Éditions Robert Laffont (1999)
ISBN : 2-221-08853-0

Commenter cet article

philo 19/09/2008 09:03

@ Brize : Si au hasard, dans un rayonnage de bibliothèque, tu croises cet auteur, n'hésite pas essaie, il est étonnant.

Brize 18/09/2008 13:55

Bon... j'allais même que ce n'était pas le genre de lecture que j'affectionne, mais avec Fantasio et Sentinelle qui en remettent une couche, je ne sais plus !
On verra bien si je croise un jour cet auteur (= si par hasard un de ses livres se trouve sur un présentoir de bibliothèque !) !

philo 16/09/2008 08:58

@ Sentinelle : Je compte bien persévérer.
@ Fantasio : Tout à fait d'accord avec toi, avec un petit bémol peut-être pour les âmes sensibles.

Fantasio 16/09/2008 07:34

C'est un grand livre que celui-ci. Je l'ai lu il y a quelques années et je dois dire que ce fut un choc. Une atmosphère particulièrement sombre et une histoire de vengeance traitée d'une façon vraiment étonnante font de ce roman une lecture marquante et inoubliable.
Je le conseille fortement.

sentinelle 15/09/2008 20:52

C'était mon premier O'Connor, mais pas le dernier car j'en ai lus depuis bien d'autres ! J'aime beaucoup cet auteur :)