La part de l'autre, Eric-Emmanuel Schmidt

Publié le par Philo

Un postulat de départ, innovant, intéressant. Que ce serait-il passé si Hitler avait été reçu à l'école des Beaux-Arts de Vienne ce 8 octobre 1918 ? La face du monde aurait-elle été changée, s'il avait pu réaliser ses ambitions artistiques ?

Ici sont traitées en parallèle les deux vies. Celle d'Hitler et celle d'Adoph H., nouvel élève de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, de ce fameux 8 octobre jusqu'à leur mort.

 


Un livre passionnant, qui mène à réfléchir sur le destin et l'influence de nos choix sur nos vies. 

Une approche percutante de la notion de bien et de mal :

"Qu'est-ce qu'un monstre ? Un homme qui fait le mal à répétition. A t-il conscience de faire le mal ? Non la plupart du temps. Car le monstre se justifie à ses yeux en se disant qu'il n'a jamais souhaité le mal.

(...) Je crois qu'il existe deux sortes de monstres sur cette terre, les salauds égoïstes et les salauds altruistes. (...) Les salauds altruistes provoquent des ravages car ils ne pensent qu'aux autres, ils n'agissent à leurs yeux que pour le bien commun."

Néanmoins, un livre qui traîne parfois un peu en longueur, où l'ennui commence à s'installer, mais jamais bien longtemps. L'histoire rebondie pour de nouveau nous emporter.

J'ai au final apprécié ce roman superbement écrit et très riche, qui m'a amené à m'interroger sur le destin, l'évolution de notre personnalité en fonction de nos décisions et de nos rencontres, le Bien, le Mal.


En savoir plus sur l'auteur, ici.


Fiche :

Parution : 2001

Editions Albin Michel

ISBN : 2-226-12660-0

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Nicolas 26/06/2009 22:01

Roman intéressant par son sujet, forcément... Avec l'écriture fluide de Schmitt, il se lit bien, et fait forcément réfléchir sur les notions de Bien, de Mal, de destin, d'acquis, de libre arbitre... Voilà pour les points forts du roman. Pour le reste, l'analyse psychologique des personnages est un peu trop schématique: les deux Hitler finissent par ne plus rien avoir en commun. Un événement, même important, ne peut pas bouleverser à ce point une personnalité. Il aurait été intéressant que ce Hitler fictif soit plus ambigu au lieu du gentil garçon décrit dans le roman. Gros point faible, donc, et c'est dommage. Cela dit, je pense que La part de l'autre fait partie des indispensables.

Philo 04/12/2008 00:38

C'était, honte à moi mon premier, mais je compte bien récidiver.

sybilline 03/12/2008 17:08

Comme toujours avec E.E. Schmitt, l'idée est géniale, mais je reconnais qu'il y a, comme tu le dis, des longueurs inutiles.
Je préfère cet auteur dans ses romans courts ou ses nouvelles.

Thaïs 01/12/2008 21:46

moi j'ai adoré, je crois que c'est celui que je préfère d'EE Schmidt. Tu en parles très bien.