La route, Cornac Mac Carthy

Publié le par Philo

La-route-MAC-CARTHY.jpgDans un décor post-apocalyptique, un homme et un enfant marchent sur une route. Pour seuls bagages, ils poussent un caddy rempli de vieilles couvertures, de quelques boites de conserves et d'une lampe à pétrole. Ils vont vers le Sud, dans l'espoir de trouver d'autres personnes comme eux, rares survivants de la fin du monde n'étant pas encore retournés à la barbarie.

 


 

gif_anime_puces_222.gifDans un souci d'universalité, ces deux personnages n'ont pas d'identié, ce sont "papa" et "le petit". De même, le lieu et l'époque ne sont pas précisés et cela n'a pas vraiment d'importance. Beaucoup l'ont situé aux Etats-unis. Etrangement, l'auteur étant américain, j'ai souvent imaginé la vieille Europe, plus particulièrement la péninsule ibérique (description de certains paysages, et de certaines architectures, présence, d'un cargo espagnal et de pesetas...). Broutilles ! Ce qui compte, c'est cette marche désespérée vers un monde meilleur, c'est ce lien unique et indéfectible qui unit ce père et son fils, ces deux êtres qui se retrouvent absoluement seuls dans un monde totalement hostile. Une fusionnalité extrême dûe à la dépendance totale qu'ils ont l'un de l'autre pour garantir leur survie tant physique que psychologique.

Cette relation exceptionnelle entre le père et son fils transpire des dialogues, qui sont réduits au strict minimun telle n'importe quelle discussion entre un enfant et un adulte. Minimalisme accentué par l'absence de ponctuation tels tirets ou guillemets. Mais les mots sont justes.

En sus,  ceux-ci témoignent surtout d'un certain manichéïsme. Le Mal incarné par l'extrême violence et la barbarie des autres qui ont perdu en même tant que leur monde toute humanité, s'oppose au Bien représenté par l'homme et l'enfant qui pose d'ailleurs toujours la même question : "nous sommes vraiment les gentils ?"

Un roman qui questionne et dérange, Une atmosphère lourde, désespérante et en même temps pleine d'espoir. Un livre qui met nombre de concepts à nu et nous les montre comme des vérités primaires. Des mots qui bouleversent et ne peuvent que rester graver dans la mémoire de ceux qui les ont lus à condition d'adhérer  au style et au rythme si particuliers de ce texte.

 


 

Fiche :

Traduction : François Hirsch

Publication : 2006

Editions de l'olivier (2008)

ISBN : 978-2-87929-591-6

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Philo 22/09/2010 11:18



Effectivement un livre qui m'a énormément mrqué, et qui m'interroge encore plusieurs mois après sa lecture. J'attends de voir le film avec impatience !



deparlà 21/09/2010 10:55



une lecture éprouvante et effectivement limite dérangeante mais qui a le mérite de nous toucher voire de nous marquer, un livre qu'on n'est pas prêt d'oublier



Philo 10/07/2010 21:36



un beau livre, sur lequel il est très facile de disserter.



Thaïs 03/07/2010 16:54



je viens de le terminer, étrange cette atmosphère mais une route belle par ces échanges :)



sybilline 28/06/2010 23:05



Excellente critique Philo ! J'ai quand même trouvé ce livre plus désespérant que toi parce que, si l'enfant est sauvé, son avenir reste bien sombre dans cette planète de cendres et de
misère.. 


Comme toi j'ai perçu ce roman comme universel, autrement il perdrait tout simplement son sens...