O'CONNOR Joseph

Lundi 15 septembre 2008


Billy Sweeney est un homme ordinaire. Un représentant père de famille. Il n'a connu qu'un seul amour, sa femme, qui l'a quittée à cause de sa dépendance à l'alcool. Sa vie s'écoule tranquillement, entre son travail et son meilleur ami jusqu'au jour où elle bascule. Sa fille cadette se retrouve plongée dans le coma suite à une agression.
Il se met à lui écrire un journal ou il alterne le passé et le présent ,racontant sa vie et justifiant ses choix.
Lorsque l'un des agresseurs de sa fille s'échappe, lors du procès, Billy perd pied. Il le traque, le trouve et le suis jour et nuit préparant sa vengeance.
Une première partie qui décortique les affres de Billy et son évolution. Une description saupoudrée d'humour, un humour qui rend une certaine légèreté à l'atmosphère pesante qui s'installe peu à peu.

Lorsque Billy se retrouve face à face avec l'agresseur de sa fille, sa fureur explose dans une gerbe de violence. Une seconde partie glauque et extrêmement forte.

Puis, par un revirement de situation, la victime va se retrouver bourreau. Va alors se nouer une relation étrange entre les deux hommes. Rencontre entre deux écorchés vifs. L'homme d'âge mûr blessé par la vie et le jeune homme qui n'a rien connu d'autre que la violence.
Un chassé-croisé où les deux hommes se croisent sans vraiment se rencontrer mais qui leur permet de tisser un lien auquel ils vont se raccrocher pour reprendre le fil de leur vie.

Un roman âpre, qui laisse un goût amer. Un livre sur la vie et le pardon. James O'Connor réussit à créer un atmosphère sombre, pessimiste qui atteint son apogée dans une extrême violence avant de retomber tout en restant latente et qui nous tient jusqu'à la dernière ligne.
L'écriture est étonnante, percutante.
À découvrir.

En savoir plus sur l'auteur,ici.



"Je me rappelle les couleurs de cette époque comme un mélange noir-orangé de ténèbres et d'éclairage public."

"Toute existence connait ses périodes de bouleversement radical et essentiel, qui ne sont pas aussi évidentes que ça quand on les subit. En y repensant aujourd'hui, je crois que je suis devenu quelqu'un de différent, pendant ces mois-là, quelqu'un qui parlait interminablement de l'importance des bons moments et de l'amusement, et qui riait sans arrêt. La gaité n'est que le masque que revêt le malheur les bons jours, ceux où on n'a pas envie de hurler de souffrance."




Fiche :
Titre original : The salesman
Traduction : Isabelle D. Philippe
Publication : 1998
Éditions Robert Laffont (1999)
ISBN : 2-221-08853-0
Par Philo
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